Adieu autos, bonjour poireaux !

Préparez-vous à une récolte exceptionnelle de légumes frais sur les terres agricoles de l’HGJ occupant l’ancien stationnement, entre les rues Légaré et Lavoie. On aperçoit à l’arrière-plan le Pavillon K (à gauche) et le Pavillon E Cummings.

L’HGJ transforme ses stationnements en terres agricoles

Le prix des aliments monte en flèche et il devient de plus en plus important de bien se nourrir. L’Hôpital général juif a donc décidé de transformer tous ses terrains de stationnement de surface en terres cultivées pour y produire des légumes populaires (tels que le brocoli et le chou-fleur) et les aliments nutritifs de base (maïs, pommes de terre, haricots) pour les repas des patients et pour servir à la cafétéria.

Le plus grand champ de culture sera créé en dégageant le terrain de stationnement tentaculaire entre les rues Légaré et Lavoie, à l’arrière des bâtiments de psychiatrie adulte et de pédopsychiatrie.  Un autre jardin sera aménagé entre les entrées du Pavillon H et du chemin de la Côte-des-Neiges. De plus, le petit stationnement valet à l’entrée Côte-des-Neiges sera transformé en un jardin de fines herbes, et des fleurs seront cultivées dans les places de stationnement à l’entrée Côte-Sainte-Catherine pour égayer les chambres des patients.

Ce projet, qu’on appelle l’Hôpital des grands jardins (HGJ), fait penser à une initiative d’inspiration écologique soutenue par une sensibilité très 21e siècle, mais il s’agit en fait d’un retour aux années qui ont suivi l’ouverture de l’hôpital en 1934. Pendant la Grande Crise de 1929, on faisait pousser des légumes pour les repas des patients autour de l’hôpital sur les terres qui étaient encore inoccupées à l’époque, et une grande partie des récoltes étaient alors conservées pour être consommées durant l’hiver.

Photographie originale du terrain de l’HGJ dans les années 30, avec le chemin de la Côte-Sainte-Catherine visible en haut à gauche. Les terres cultivées par l’hôpital s’étendaient vers l’ouest jusqu’à l’avenue Victoria, avec les aires de loisirs aménagées pour les patients pour le tennis et les bains de soleil au bas de la photo.

Photographie originale du terrain de l’HGJ dans les années 30, avec le chemin de la Côte-Sainte-Catherine visible en haut à gauche. Les terres cultivées par l’hôpital s’étendaient vers l’ouest jusqu’à l’avenue Victoria, avec les aires de loisirs aménagées pour les patients pour le tennis et les bains de soleil au bas de la photo.

« Je ne peux imaginer une meilleure façon d’honorer l’héritage de l’hôpital, de rehausser l’expérience patient et de générer des revenus grandement nécessaires pour améliorer la qualité des services de santé, » explique la porte-parole de l’HGJ, Geneviève Blag.

« Imaginez à quel point ce projet sera bénéfique pour le moral et le mieux-être des patients. Pour beaucoup d’entre eux, ce sera un antidote au stress de l’hospitalisation puisqu’ils profiteront du calme en se promenant comme à la campagne dans les rangs de maïs et les plantations de fleurs. Certains patients pourront même optimiser les bienfaits de leurs traitements de physiothérapie et d’ergothérapie en arrachant les mauvaises herbes, en retournant le sol ou en récoltant les légumes. »

Au départ, l’HGJ devra allouer des fonds substantiels pour l’achat de matériel agricole, entre autres pour les semences, les engrais, des outils de jardinage, des tracteurs et un système d’irrigation souterrain. Il faut aussi prévoir une diminution marquée des revenus une fois que les places de stationnement auront été éliminées.

Toutefois, les administrateurs de l’hôpital ont bon espoir que les récoltes seront suffisantes pour contrebalancer largement les pertes financières initiales. La production maraîchère sera tellement importante que, une fois prélevés les aliments nécessaires aux cuisines, il y aura des surplus à mettre en vente dans des kiosques à toutes les entrées de l’hôpital et des comptoirs extérieurs installés près des trottoirs de la ville.

Si le projet connaît les résultats escomptés, on songera aussi à cultiver des champignons dans certains coins sombres du nouveau stationnement souterrain, sous le Pavillon K.

Selon les plans les plus récents, le revêtement des terrains de stationnement sera mis en pièces et enlevé d’ici la fin du mois, après quoi on étendra une couche de terre arable, à temps pour ensemencer les cultures vers la mi-mai.

Le nouveau directeur de la logistique agricole, André Poisson, sera responsable du projet. Comme le service nouvellement créé commence véritablement ses activités en avril, on le désigne officieusement comme le Département du poisson d’avril.

« Je suis très heureux de voir que l’hôpital accepte d’aller de l’avant avec une initiative qui s’harmonise aussi bien avec son histoire et ses valeurs de promotion de la santé et du bien-être », se réjouit M. Poisson.

« Si la culture des légumes est une réussite, qui sait ce que nous pourrions accomplir d’autre ? Dans quelques années, je ne serais pas surpris de voir des poules se promener dans les corridors, quelques lapins aux entrées de l’hôpital, et pourquoi pas une ou deux chèvres dans les salles d’attente. »

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